Le World Press Photo 2015 à Paris

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    World Press Photo 2015 - Gallerie Azzedine Alaïa Paris
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    World Press Photo 2015 - Gallerie Azzedine Alaïa Paris
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    World Press Photo 2015 - Gallerie Azzedine Alaïa Paris
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    World Press Photo 2015 - Gallerie Azzedine Alaïa Paris

L’homophobie russe, les conditions de  travail et la pollution chinoises, le chamboulement de la culture mongole, la révolution ukrainienne, les soldats inconnus de la guerre Iran-Irak, le vol MH 17, Ebola, des migrants qui se cachent et qui fuient, des femmes nigérianes kidnappées par Boko Haram, les émeutes turques de la place Taskim…

Chaque année, le World Press Photo fait émerger de la sévérité du monde des photos arides, âpres… mais souvent belles.

Tout le World Press n’est pas noir. Il sait rétablir l’équilibre dans ce qu’il donne à voir, être plus léger, laisser respirer : des repas solitaires japonais, des photos prises de drônes ou d’ULM, des plantes carnivores, un mariage érythréen, Chewbacca chez le vétérinaire. On arrive à sourire.

 

Et puis… il y a cette photo de Tyler HICKS qui m’arrête un peu plus longtemps.

Un enfant gît, face contre sable, sur une plage de Gaza. Il est mort. C’est une évidence. On pense à une autre photographie, d’un autre enfant, mort lui aussi, sur une plage turque, quelques jours plus tôt. Pourtant, dans cette évidence photographique de la mort mort d’enfant, quelque chose ne va pas. La position de son corps, ses membres…  Ca ne colle pas.

On s’approche pour regarder de plus près pour essayer de “saisir”, on se demande bien quoi.

Les jambes de l’enfant ne sont pas dans la “bonne” position, dans une position anatomique “normale”. La puissance du souffle de l’explosion… Elle a dû le  désarticuler.

Il y a aussi ces taches sombres, bizarres, entre le tshirt et le pantalon. Au début, je les avais confondues avec les cailloux de la plage jusqu’à ce qu’elles apparaissent clairement pour ce qu’elles sont : les trous laissés dans son dos nu par la roquette qui a explosé près de lui.

Tout est alors en place pour comprendre et on regrette presque d’avoir cherché à comprendre.

Je suis allé prendre l’air avant de continuer.

 

Jusqu’au 27 septembre, pour comprendre.

World Press Photo 2015     –     Gallerie Azedine Alaïa

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