Le photographe mystère de mars 2017

Ce mois-ci, le photographe mystère nous a été présenté par Jacques A :

Il est né le 20 décembre 1953, à Widnes (Cheshire), petite ville du nord-ouest industriel de l’Angleterre, située entre Liverpool et Manchester, haut lieu des industries pétrochimiques et pharmaceutiques.  Il est le plus jeune garçon d’une famille modeste, catholique, d’origine irlandaise, qui compte six enfants.

Garçon solitaire, ses terrains de jeux se composent du stade de Rugby, où il encourage les « Widnes Vikings », l’équipe locale, mais aussi de parcs, de rues, de gares ferroviaires, d’usines et d’églises vides, qui deviendront autant de sujet photographiques.

A 10 ans et demi, il veut devenir prêtre, et six mois plus tard, il entre comme pensionnaire au collège Saint Joseph d’Upholland. Il poursuit des études dans cette école de séminaristes jusqu’à ses dix sept ans. Il abandonne l’idée de la prêtrise, mais poursuit néanmoins ses études dans l’austère ambiance qui règne dans cette école d’un genre particulier jusqu’en 1972.

Doué pour la peinture, et les mathématiques il opte pour une carrière artistique à la Banbury School of Art au nord d’Oxford.Il se rend compte qu’il n’a aucune chance de survivre, comme artiste peintre, son premier choix, et se tourne alors vers la photographie.

En 1973, il entre au London Collège of Printing. Où il passe trois ans, à apprendre les divers aspects du métier de photographe, avec  la pratique de la mode, de la nature morte, du reportage…

Après il est l’assistant et le tireur noir et blanc du photographe publicitaire Anthony Blake. Il travaille ensuite dans un laboratoire couleur.

Il gagne sa vie avec des commandes commerciales, ses photos de paysage ne sont alors qu’un hobby.

En1976 il rencontre l’univers du photographe Bill Brandt, figure célèbre de la photographie contemporaine anglaise. Le travail de Brandt le conforte dans son désir de photographier des  paysages, souvent de nuit, dans lesquels l’architecture prend une place importante, et dans lesquels l’humain est toujours absent.

A ses débuts il a recourt à des ambiances pictorialistes, utilisant la brume à la manière de Turner ou le romantisme d’un William Blake. Ses choix se portent sur la région des Cotswolds, ou sur les gondoles vénitiennes et les jardins situés à la périphérie de Paris, en hommage à sa deuxième influence, Eugène Atget .Il photographie Vaux le Vicomte, Versailles, le parc de Sceaux, le désert de Retz, Marly-le-Roi, les jardins de Le Nôtre.

A la fin des années 1970, il se rend aux Etats-Unis où Il rencontre Ruth Bernhard, (1905-2006). Cette célèbre photographe d’origine berlinoise dont il devient le tireur de 1979 à 1987 est connue pour ses natures mortes et ses photos de nus. Ils partagent tous deux la passion respective du tirage photographique, à laquelle elle attache une exigence inouïe, elle influencera beaucoup son travail.

Le développement des films est la seule étape qui ne le passionne pas. En dehors de cela, il affectionne le tirage des épreuves, Il se passionne, au point de devenir un expert, n’hésitant pas à passer des nuits entières pour façonner l’épreuve qui lui donne satisfaction. Il travaille exclusivement en argentique noir et blanc, avec un appareil moyen format 6×6 Hasselblad qui reste suffisamment maniable et léger lors de ses nombreux voyages, souvent dans des conditions climatiques dantesques, comme pour ses séries réalisés en hiver, à Hokkaido, au Japon, par moins 20 degrés.

Ses photos naissent de longues poses et de prises de vues nocturnes, ou en lumière atténuée, qui sont sa signature.

Durant les années 80 il choisit comme sujet divers sites industriel qui lui rappellent la région de son enfance, avec notamment la centrale nucléaire électrique de Ratcliffe (2,000 mégawatt) dans le comté de Nottingham. En 1983, le Centre Georges Pompidou utilise une de ses photos pour l’affiche de l’exposition Arbres.

1986, il retourne photographier la province du Lancashire et du Yorkshire, en hommage à Brandt. Cette même année, il commence une série d’images sur pas moins de 27  camps de concentration nazis, ce qui va lui prendre une douzaine d’années. Il va faire quelques 6000 négatifs, et tirages. Il en fait don à l’état Français, en l’an 2000.

En 1992, il jette son dévolu, sur une aciérie, un maillon du complexe industriel Ford,  « The Rouge Study » à Dearborn dans l’état du Michigan.

Après cinq voyages au Japon, un superbe livre intitulé « Hokkaido » voit le jour en 2003. Cet ouvrage scelle définitivement la notoriété du photographe.

Il a publié 47 livres qui couvrent trois décennies de voyages photo dans plus de trente pays dans le monde entier.

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Il s’agissait de Michael Kenna

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