On se fait une petite toile ? Janvier 2018

Ce mois-ci, je vous propose de visiter différentes périodes du passé, et même un peu plus…

 

 L’échange des princesses

Nous sommes en 1721, quelques années après la mort de Louis XIV. Son arrière-petit-fils est devenu Roi de France. Il a onze ans. C’est un survivant dans une longue suite de deuils familiaux.
Dans cet univers, complots et manipulations sont feutrés, et on n’est jamais sûr que les morts soient vraiment naturelles.
En Espagne règne un petit-fils de Louis XIV, Philippe V. Après des années de guerre, il est temps de sceller une paix durable entre les deux nations.
Le régent Philippe d’Orléans décide de marier l’infante d’Espagne à Louis XV et sa propre fille à l’héritier du trône d’Espagne.
L’infante a quatre ans et la fille du régent est une adolescente rebelle. Elles sont confrontées à l’ambiance pesante et asphyxiante de la cour et doivent s’y adapter.
A cette époque, les princesses n’ont pas leur mot à dire. Elles sont juste là parce qu’il faut un ventre pour perpétuer les dynasties. Et il n’est pas question d’amour…
L’intérêt de ce film réside principalement dans la reconstitution minutieuse de ce fait historique qui se déroule au début du siècle des lumières. Enfin, pour les lumières, il faudra attendre encore un peu…

 Les gardiennes

Comment parler de la guerre sans la montrer ?
En voyant ce film, je me suis souvenu d’une photo présentée dans la revue L’Illustration intitulée « Pendant que le père se bat ». Une femme avec deux enfants qui tient une charrue tirée par un cheval. Tout un symbole…
Nous sommes en 1915, les hommes sont partis sur le front. Deux paysannes, une mère et sa fille sont dépassées par l’ampleur de la tâche et décident de recruter une orpheline pour les aider.
Paradoxalement, l’absence des hommes rend la guerre encore plus présente, avec l’attente quotidienne de l’hypothétique mauvaise nouvelle. Qui finira un jour par arriver…
On a aussi l’impression d’être hors du temps, avec ces moments de grâce représentés par les scènes de brumes matinales, ou avec les travaux des champs effectués à la force des bras.
Et quand les hommes reviennent pour une permission, ils sont méconnaissables, hantés par la barbarie des combats dont ils font des cauchemars.
Trois femmes, trois personnalités, mais la véritable révélation est Iris Bry. Pour son tout premier rôle, elle incarne ce qui deviendra l’émancipation féminine au début des années 20 et représente le côté lumineux d’un film à l’ambiance contemplative.

 

 Tout l’argent du monde

Nous voici maintenant en 1973.
C’est l’histoire de Paul Getty, milliardaire et magnat du pétrole, dont le petit-fils est victime d’un enlèvement en Italie.
La rançon se compte en millions de dollars, mais il refuse de payer. Sa belle-fille tente de le convaincre. Finalement, il fait intervenir l’un de ses négociateurs afin de trouver un arrangement pour diminuer la somme.
Tel qu’il apparaît, le personnage de Paul Getty est particulièrement ambigu. Il n’hésite pas à payer très cher pour l’acquisition d’une œuvre d’art, mais il montre peu d’intérêt pour la libération de son petit-fils.
Entre détresse de la famille et impatience des ravisseurs, la situation va devenir de plus en plus tendue. Mais le côté inflexible, voire calculateur, du milliardaire est dû à une raison très précise qui sera dévoilée à la fin de l’histoire.
Pour cause de grand nettoyage hollywoodien, le film a été modifié en 6 semaines pour intégrer les scènes avec Christopher Plummer (en remplacement de Kevin Spacey). Au delà de la prouesse technique, il a l’âge du personnage et son interprétation est remarquable. Alors, pourquoi ne pas l’avoir choisi au départ ?

 Star Wars – Les derniers Jedi

Pour finir, je vous propose d’aller très loin dans le temps et dans l’espace.
Voici 40 ans sortait un film d’un genre nouveau, une sorte de western galactique qui a totalement révolutionné le cinéma de science-fiction.
Et maintenant…
Hé bien, Disney a mis le grappin dessus, et il n’est pas prêt de lâcher l’affaire…
Bon, tant mieux pour ceux qui aiment, parce que depuis quelques années, ils sont passé à la vitesse supérieure.
Il est vrai qu’un film qui rapporte au minimum un milliard de dollars, ça motive…
Mais parlons plutôt du 8ème épisode de la saga.
Rey a retrouvé Luke Skywalker et tente de le convaincre de rejoindre la résistance. Il n’a pas l’air très intéressé. Elle souhaite aussi qu’il lui apprenne à maîtriser la Force. Et là, ça n’est pas gagné non plus…
C’est pourtant cette phase d’apprentissage qui est intéressante. Elle nous ramène un peu vers les films de 1977 et 1980, mais on mesure enfin à quel point la Force est d’une puissance inimaginable, quasiment au-delà du temps et de l’espace.
Pour le reste, on retrouve les personnages de l’épisode précédent, avec aussi quelques petits nouveaux et des grands anciens.
Quant à la princesse Leia, on verra fin 2019 comment les scénaristes s’en sortent pour la faire disparaître avec élégance…
Et le méchant ?
On en sait désormais un peu plus sur son passé, mais il dévoile aussi quelques ambiguïtés. Il faudra attendre la fin de la trilogie pour savoir ce qu’il en est vraiment.

 

Pour le mois prochain, j’ai déjà repéré quelques films qui semblent prometteurs. Alors, encore un peu de patience…

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